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Antoine Vayer à été un entraineur de l'équipe Festina en 1996 et 1997 notament. Il a donc pu cotoyer et évaluer les performances des coureurs de l'équipes dont on sait qu'ils ont largement utilisés le dopage. (EPO, hormone anabolisante, corticoide). Il a aussi pu tester 2 coureurs de l'équipes dont Willy Voet le soigneur disait qu'il tournaient à l'eau. (Christophe Basson, Laurent Lefevre).

Frédéric Grappe est toujours conseiller technique scientifique à la Française des Jeux en plus d'être maitre de conférence à l'Université de Besançon. Son dernier livre est une mine d'or d'analyse des déterminants de la performance en cyclisme.

Ces 2 entraineurs ont développés à force d'analyse de puissance directe et indirecte (calcul à partir des lois de la physique), des limites de la performances au delà de laquelle le dopage permet d'expliquer les performances.

Quelles sont ces limites du  possible ?

 

 

 

Pour Antoine Vayer, un coureur de 70 kilo qui développe 410 watt pendant 20 minutes en fin d'étape est probablement dopé. A 430 watt il parle de dopage miraculeux et à 450 de mutant.

Frédéric Grappe analyse les puissances des coureurs qui ont été controlés positifs dans les cols des grandes courses par étapes. Il se sert en partie de cette base pour évaluer les limites de performance. Il constate que les coureurs dopés ont pu développer 6 watt par kilo en fin d'étape sur des col de 20 minutes et autour de 5,6 watt pour des col long de près d'une heure. Ce qui donne une limite à 420 watt pour un coureur de 70 kilo. Dans son livre (2ème édition, page 435) il considère qu'il faut un VO2max de 85 à 90 ml/min/kg pour développer de telle puissance et qu'on touche là les limites du corps humain.

Toutefois, il y a des aspects que ces analyses n'évoquent pas et qui méritent à notre avis de revoir à la baisse ces estimations :

  • Les coureurs dopés ne se font pas tous épinglés et se servir des seuls coureurs positifs conduit probablement à sous évaluer cette estimation des limites du corps humain.
  • La plupart des évaluations réalisées par Antoine Vayer et Frédéric Grappe sont effectuées en fin d'étape avec un fatigue importante, même en restant au chaud dans les roues les coureurs dépense 3500 à 4000 kcal avant de produire leur effort ultime. En situation de repos, les performances ne peuvent qu'être meilleures. On ne tient pas compte non plus de la fatigue des étapes qui doit forcément se faire sentir.
  • Les tests dans les cols sont effectués souvent à des hautes altitudes >1000 m et parfois se terminant à 2500 m. La puissance aérobie, même chez des coureurs entrainés ne peut pas être identique à des puissances au niveau de la mer. Il y a forcément une forte baisse pouvant atteindre 10 % pour un effort effectués à 2000 d'altitude contre un effort réalisé au niveau de la mer.
  • Enfin, les conditions climatiques sont importantes. S'il fait plus de 20 ° dans le col qui sert à mesurer la puissance, une bonne partie de l'énergie sera utilisé pour refroidir le coureurs et non pour écraser les pédales. Le puissances sont maximale entre 15 et 20 C°. Par 30 degrés la puissance peut être de 10 % inférieure.

Il nous semble que les performances de 410 ou 420 watt en fin d'étape dans un col sont encore trop haute pour un être humain qui ne se dope pas.  Par exemple, Laurend Fignon qui reconnaissait le dopage (à l'époque sans EPO, mais avec corticoides, anabolisant) montait l'Alpe d'Huez en 41'50 avec un vélo de 10 kilos pour une puissance estimée de 388 watt, soit 5.54 watt par kilo pendant 42 minutes, ce qui permettrais d'atteindre 410 watt sur 20 minutes.

Il nous est difficile de produire une estimation, mais au vue des performances que nous cotoyons avec des amateurs et quelques professionnels, une puissance de 380 watt (5.4 watt / kg) développé en fin d'étape pendant 20 à 40 minutes pour un coureur de 70 kilo est quelque chose de possible sans dopage pour un athlète bien entrainés, dotés d'un bagage génétique favorable. Au delà, il est légitime de se poser des questions.

Lors de l'étape du Tour Mondovélo du 11 juillet 2011, le vainqueur Jean Christophe Currit (42 ans ancien professionnel chez Gan et meilleur amateur Français au début des années 1990) est crédité d'un temps de 44'06' lors de la montée de l'Alpes d'Huez sur une étape de 110 km avec le col du galibier en amuse gueule. Cette performance le situe devant des coureurs amateur de 1ere catégorie en activités qui gagne des courses en 1ere catégorie. En terme de puissance cela donne 351 watt environ. C'est environ 11 % de moins que Laurent Fignon en terme de puissance. Les vélos actuel pesant 6.8 kilos contre 10 kilos dans les années 1980, cela permet d'économiser environ 13 watt.

NB : Jean Christophe Currit à reconnu un controle positif aux amphétamines étouffé lors de l'affaire du Pot Belges du Tribunal de Poitiers. Source Libération 29 mai 2001

 

 

 

 

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